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Le syndrome du caméléon : comprendre son impact et comment le surmonter

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Récemment, mon client Sébastien m'a raconté à quel point il se sentait frustré de ne pas pouvoir dire non. Comme il travaille dans l'informatique, dès qu'un nouveau projet arrive, c'est toujours pour lui. Et comme il adore la nouveauté et rendre service, il se retrouve souvent à faire le travail de trois personnes ! Il gère tout, de l'étude à la vente, en passant par l'après-vente et le déploiement. Mais malgré tous ses efforts, il a l'impression que les gens ne sont jamais satisfaits de son travail.

En réalité, Sébastien vit le syndrome du caméléon, une capacité spéciale que les personnes à haut potentiel intellectuel ou hypersensibles ont développée : celle de s'adapter à leur interlocuteur en modifiant leur comportement, leur discours, leurs émotions et même leurs pensées en fonction de ce qu'ils pensent que l'autre attend d'eux. Cela peut être très utile, mais aussi très frustrant pour ceux qui vivent avec ce syndrome. Dans cet article, nous allons explorer ensemble les caractéristiques et les conséquences du syndrome du caméléon chez les personnes atypiques, ainsi que des stratégies pour mieux gérer cette tendance à l'adaptation. Nous allons nous appuyer sur l'expérience de Sébastien pour illustrer notre propos.

Sommaire

Qu’est-ce que le syndrome du caméléon ?

Le syndrome du caméléon peut être un défi pour toi si tu en es affecté·e, car il peut être difficile de trouver un équilibre entre ta nécessité de t'adapter socialement et celle de maintenir une connexion saine à ta propre identité. Si tu te sens déconnecté·e de toi-même en raison de ce syndrome, il est important de savoir que tu n'es pas seul·e et qu'il existe des moyens de surmonter ces défis.

Le syndrome du caméléon est un phénomène observé chez certaines personnes HPI (Haut Potentiel Intellectuel) ou hypersensibles. Celles-ci peuvent avoir tendance à s'adapter aux attentes et aux comportements de leur environnement afin de se fondre dans la masse. Bien que cela puisse sembler être un mécanisme de défense pour éviter l'exclusion sociale ou la stigmatisation, cela peut également conduire à un sentiment de vide ou de confusion identitaire. Car à force de multiplier les masques pour apparaitre la personne que tu penses devoir être, tu ne sais plus qui tu es.

Le syndrome du caméléon n'est pas un trouble médical diagnostiqué officiellement, mais plutôt un phénomène observé chez certaines personnes. Si tu penses être concerné·e par ce syndrome, il peut être utile de consulter un professionnel pour en parler et en savoir plus sur comment trouver un équilibre entre ton besoin de t'adapter à ton environnement et celui de maintenir une connexion saine à ta propre identité.

Ce que le syndrome du caméléon n'est pas

Il ne faudrait pas confondre le syndrome du caméléon avec d'autres phénomènes psychologiques, comme :

  • La synchronisation : En PNL on parle de synchronisation quand inconsciemment (ou pas) nous modifions notre comportement et on le calque sur la personne avec nous. Il peut s'agir du ton de voix, de notre posture, de croiser les jambes ou les bras etc. Ce phénomène est naturel et envoie des signaux non-verbaux rassurants pour signifier que nous sommes en lien avec la personne.
  • La contagion émotionnelle ou l'empathie : lorsque nous ressentons les émotions que semble vivre la ou les personnes avec nous. Par l'effet des neurones miroirs, nous avons tous la capacité (hors pathologie) de comprendre l'émotion de notre voisin·e.

Les exemples proposés dans la deuxième partie de cet article sont pour moi, tout autre chose que le syndrome du caméléon.

Chez les atypiques, ce syndrome est une stratégie de survie pour chercher à accepter de leur environnement social.

Ce que le syndrome du caméléon te coûte

Le syndrome du caméléon peut être vu comme une compétence : celle de s'adapter à son environnementPour autant, cette compétence n’est pas sans contrepartie. Elle peut coûter cher :

  • En énergie : dans cette recherche de satisfaire l’autre avant soi, on développe beaucoup de réflexions, d'analyser, d'efforts intellectuels d'une part. D'autre part, à être aussi concentré sur l'autre ou les autres, on oublie de s'écouter soi-même. On ne pose pas ses limites, voire on ne les connaît pas. Et on s’épuise…
  • En estime de soi : les autres, voyant notre serviabilité, vont en demander toujours plus. Ça semble si naturel pour nous de faire tout ça ! C’est un puits sans fond et c’est la sensation de ne jamais faire assez. Donc de ne pas être assez… Et puis, il y a la peur que si on ne fait pas tout ça, on risque de ne plus être apprécié. Ou encore, que si on pense à soi, on sera vu comme quelqu'un d'égoïste !
  • En connaissance de soi : en s’occupant des autres, on ne prend pas le temps d’écouter ses besoins, ses envies. Quand on nous demande ce qu’on aime, ce qui nous ferait plaisir, on ne sait pas répondre !

Pourquoi on développe un syndrome du caméléon ?

Ce syndrome du caméléon est en réalité une stratégie développer souvent très tôt dans notre existence.

Cette stratégie a pour but de nous permettre de faire partie du groupe. C'est quasi inconscient, mais c'est une injonction très puissante chez tous les humains : nous grandissons avec le besoin instinctif d'être en lien et de faire partie d'un groupe. Nous sommes également sensibles aux pressions de la société pour faire partie de la norme : avoir le bon type de corps, avoir les bons habits, la bonne carrière, la bonne voiture ...

Et guess what ? Chez les atypiques, le besoin de faire partie du groupe est très souvent challengé et cela, depuis tout petit. Il ou elle est confronté·e très jeune au fait de se sentir différent. Et qui dit différent, dit pas dans le groupe.

Oui, le syndrome du caméléon est une stratégie de survie qui a une grande utilité pour s'adapter à notre environnement. Le souci, c'est quand le coût de la suradaptation engendre une telle perte d'énergie, que l’on crée un faux-self : un masque pour paraître celui ou celle que l'on croit devoir être devant les autres.

Que dit la science sur le syndrome du caméléon ?

Il existe un nombre limité d'études scientifiques sur le syndrome du caméléon, car il n'est pas encore considéré comme un diagnostic officiel ou une pathologie reconnue par les manuels de psychiatrie.

On parle plus souvent de concept de vrai et faux-self en psychologie développé par le pédiatre et psychanalyste D. W Winnicott. ll explique que

Il y aurait au moins deux types de faux self, certains ne pouvant que faiblement employer des symboles et d'autres avec une grande intelligence, résultat d'une sursollicitation du cerveau afin de compenser les trop importants défauts de l'environnement

D.W Winnicot

Certains chercheurs ont étudié les comportements caméléoniques dans le cadre de troubles de la personnalité et des troubles du spectre de l'autisme.

Une étude menée par Snyder et Gangestad a examiné la relation entre les comportements caméléoniques et les traits de personnalité chez les étudiants universitaires. Les résultats ont montré que les personnes qui ont rapporté des comportements caméléoniques plus élevés ont également montré des niveaux plus élevés de traits de personnalité tels que la flexibilité, la sociabilité et l'ouverture d'esprit.

Une autre étude menée en 2017 par Jobe et White a examiné les comportements caméléoniques chez les personnes atteintes de trouble du spectre de l'autisme. Les résultats ont montré que les personnes atteintes de TSA ont tendance à adopter des comportements caméléoniques pour s'adapter aux attentes sociales, mais qu'elles ont également des difficultés à maintenir une identité cohérente en raison de leur difficulté à interpréter les signaux sociaux et à comprendre les conventions sociales.

5 signes pour reconnaître le syndrome du caméléon

Si tu te demandes si tu es concerné·e par le syndrome du caméléon, voici 5 signes qui peuvent t'aider à le découvrir :

  1. Tu changes de comportement en fonction de l'environnement : tu as peut-être remarqué que tu as tendance à adapter ton comportement en fonction des personnes qui t'entourent, au point de modifier ta personnalité en fonction de l'environnement. Pour cela, tu prends ton temps quand tu arrives dans un nouvel environnement pour observer les gens avant de venir vers eux.
  2. Tu as des difficultés à exprimer tes opinions : tu as peut-être du mal à exprimer tes propres opinions, craignant de ne pas être accepté·e ou aimé·e par ton interlocuteur. Ou tu attends que les autres donnent leur avis avant d'exprimer le tien. Tu opines souvent de la tête quand on te parle.
  3. Tu manques de confiance en toi : tu as peut-être une estime de toi-même faible, ce qui peut te pousser à adopter des comportements qui ne correspondent pas à ta véritable personnalité pour être accepté·e ou apprécié·e. Plus tu fais le caméléon, plus tu auras une sensation d'estime de soi faible car tu ne peux pas t'exprimer comme tu le souhaiterais.
  4. Tu évites les conflits : tu as peut-être une peur excessive des conflits et tu feras tout pour les éviter, parfois au détriment de tes propres convictions. Ce qui peut amener à vivre une vraie dissonance cognitive. En cas de conflit, tu peux également parfois avoir recours au syndrome du sauveur pour essayer d'apaiser les tensions.
  5. Tu as du mal à te connaître toi-même : tu as peut-être du mal à comprendre ta propre personnalité et tes propres émotions, car tu as passé une grande partie de ta vie à t'adapter aux autres. Quand on utilise autant notre énergie à capter les intentions et besoins des autres, on oublie ses propres besoins. Ce qui fait que l'on ne sait plus au bout d'un moment, ce que l'on aime ou n'aime pas. Ce que l'on veut ou ne veut pas.

Comment sortir du caméléon ?

Comme toute stratégie liée à nos relations, cela peut prendre du temps pour sortir du caméléon. Ce qui est certain c'est que la première étape, est toujours une prise de conscience :

  • Quand est-ce que je me suradapte ?
  • Avec qui ?
  • Dans quel but ?
  • De quoi ai-je peur à ce moment-là ?
  • Qu'est-ce que ça me coûte ?
  • Quels sont les bénéfices à le faire ?

Voici une liste de questions qui me semblent pertinentes à se poser pour mieux comprendre ce qui se joue. Ensuite, sortir de la suradaptation, cela peut vouloir dire :

  • Oser affirmer son point de vue
  • Choisir en fonction de ses goûts
  • Écouter ses ressentis physiques
  • Prendre des décisions où l'on passe en priorité
  • etc

Parfois, quand ce syndrome du caméléon est particulièrement ancré dans nos comportements ou il est l'origine de beaucoup de souffrance et d'épuisement qu'il peut être nécessaire de travailler le sujet avec un professionnel. C'est souvent un sujet abordé en coaching avec mes clients.

A lire également : L'effet caméléon, cette tendance naturelle à s'adapter au comportement des autres

Dites-moi en commentaire, est-ce que vous faites comme mon client Sébastien et avez 15 casquettes dans votre poste ?

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5 commentaires

    1. Bonjour Laurie, Oui effectivement. Cela peut être lié à un choc émotionnel fort. Cela peut parfois être qualifié de choc traumatique voire de stress post-traumatique. Si vous sentez que cela pourrait être votre cas, consulter un professionnel pourrait être d'une grande aide.
      Virginie

    2. ça dépend de notre personnalité et son histoire et estime de soi.
      moi en ce qui me concerne. j'ai horreur des moutons ! je sors du troupeau mais ça m'a joué un sale tour grave...
      tant pis, j'assume.????

  1. Bonjour, votre article tape juste. Je viens de me rendre compte à bientôt 45 ans que j'ai réussi à équilibré ma vie, et je rejoint parfaitement vos conseils. J'ai renversé la vapeur à mon avantage et je me suis adapté pour mon propre équilibre. Merci pour ces mots qui ont suent me faire comprendre mes anciens maux.

    1. Bonjour, merci pour ce témoignage ! J'espère que d'autres personnes pourront vous lire et réaliser que c'est aussi possible pour eux ! Bravo pour ce chemn parcouru !

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